L’histoire d’Andrew
Tous les témoignage

L’histoire d’Andrew

Le caporal Andrew James Eykelenboom, « Boomer », a contribué à bâtir un monde meilleur.

Par Maureen Eykelenboom

Ses parents l’appelaient Andy, ses frères et amis civils, Andrew, et ses collègues militaires, « Boomer ».  

Andrew est né le 3 novembre 1982 à l’hôpital communautaire Misericordia, à Edmonton, en Alberta, où il a fait plus tard du bénévolat et acquis une partie de son expérience médicale. Il était le benjamin de trois garçons : Steven était de sept ans et quatre mois son aîné et Gordon, de quatre ans et six mois. Étant le plus jeune, Andrew était protégé par ses frères qui s’amusaient également à le taquiner, mais il a rapidement appris à s’affirmer. En passant à l’âge adulte, il s’est rapproché de ses frères avec qui il avait du plaisir à pratiquer des activités de plein air extrêmes.

Andrew a grandi sur une terre agricole à 20 km au sud-est d’Edmonton. Les garçons vivaient une foule d’aventures. Ils avaient un monticule de sable énorme et Andrew passait de nombreuses heures à y construire des routes, à jouer dans la boue et en compagnie de ses frères et amis. S’il ne se trouvait pas sur le monticule de sable, on pouvait le voir construire des cabanes dans les arbres, se cacher dans un arbre ou se détendre dans un coin tranquille de la grange. Les fins de semaine, il campait et pêchait régulièrement avec son père, sa mère et ses frères.

Andrew était le type d’enfant qui se mettait la langue sur le cadre de métal de la fenêtre de l’autobus scolaire juste pour voir ce qui arriverait, puis il y laissait une partie de sa langue. Il prenait aussi la défense de ses amis et les protégeait, ce qui lui a causé une hospitalisation à l’âge de 16 ans. Mordu des sports, Andrew jouait au base-ball, au soccer, au basket-ball et au rugby; il pratiquait la natation, la gymnastique et le tir à l’arc; il adorait faire du vélo de montagne et dévalait les pentes de ski les plus difficiles dès l’âge de 8 ans. Il faisait partie d’un groupe de jeunes à l’église, adorait aller en camping et pêcher avec sa famille et prenait un grand plaisir à participer à de nombreuses occasions au Christian Wilderness Camp à Nordegg, en Alberta, l’escalade et d’autres sports extrêmes faisant partie des activités quotidiennes.

Andrew n’a jamais voulu être sous les feux de la rampe et préférait toujours être à l’arrière-scène. Quiconque présentait une certaine forme d’invalidité attirait sa compassion. À l’épicerie, lorsqu’il avait 15 ans, il est allé chercher les aliments qu’il aimait emporter dans ses repas à l’école, mais sa mère l’a plutôt trouvé agenouillé près d’un homme en fauteuil roulant, handicapé sur les plans physique et mental, en vue de l’aider à ramasser les aliments figurant sur sa liste. Il a aussi donné sa tuque et ses gants neufs à un sans-abri qui fouillait dans les vidanges par un matin froid. Andrew s’arrêtait pour parler aux personnes âgées à l’hôpital parce qu’il voulait vraiment entendre ce qu’elles avaient à dire. Il avait la capacité de percevoir une personne pour ce qu’elle était vraiment, intérieurement, et il vouait de l’attention et du respect à tous.

En août 1999, sa mère et son père ont décidé de prendre leur retraite et de déménager à Comox, en Colombie-Britannique. Le fait qu’Andrew pourrait déménager avec eux, s’établir sur l’île et y faire peut-être un jour sa vie d’adulte a pesé énormément dans leur décision. Ses deux frères aînés étaient à l’école secondaire en Alberta et s’orientaient vers leurs carrières. Pendant toute sa vie, Andrew a pris l’autobus pour se rendre à l’école et il désirait ardemment pouvoir plutôt s’y rendre à pied. Ainsi, avec l’aide et l’apport énormes d’Andrew, ils ont construit une maison à distance de marche de l’école secondaire Highland à Comox.

Le jour du déménagement, Andrew, alors âgé de 16 ans, voulait vraiment conduire.La famille est donc partie, le père ouvrant la marche au volant du véhicule motorisé qui remorquait le Jeep, et Andrew dans la voiture, au côté de sa mère. Il devait initialement conduire seulement jusqu’à Edson, puis Jasper, puis Kamloops, puis Vancouver, mais pas dans la ville. Il a fini par faire toute la route au volant, sa mère détendue à ses côtés. Son plus jeune fils devenait un homme.

Une fois déménagé, Andrew s’est joint à l’équipe de rugby, a commencé à pratiquer le kick-boxing de compétition et avait beaucoup de plaisir à pêcher avec son père, à faire de la planche à neige, à pratiquer le surf, la randonnée, la course à pied et le camping, à fréquenter ses amis, à se détendre sur le bord d’un feu sur la plage et à jouer au billard à la maison. Il adorait les activités de plein air et tout ce que l’île de Vancouver pouvait lui offrir. Il en savourait la beauté et encourageait sa famille et ses amis à être reconnaissants de ce qu’ils avaient.

Après sa formation à la caserne de pompiers de Comox à l’été 2000, Andrew avait décidé de devenir pompier. L’année suivante, il a fait un stage auprès des pompiers militaires à la 19e Escadre Comox. À la fin de sa 12e année scolaire, soit en juin 2001, il a décidé de se joindre aux Forces armées canadiennes (FAC). Son premier choix était de s’enrôler comme pompier, mais comme il a obtenu un résultat élevé à son test d’aptitude dans le domaine médical, on lui a offert de devenir technicien médical. Comme cette option s’inscrivait dans son plan de carrière en vue de devenir pompier ou ambulancier un jour dans la vallée de Comox, il a accepté cette offre. Le 1er octobre 2001, il a suivi l’instruction de base à Gagetown, au Nouveau-Brunswick. Sa mère a tenté de le dissuader de se joindre aux FAC après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, mais il était déterminé à suivre ce parcours. Il lui a répondu qu’on avait d’autant plus besoin de lui à ce moment.

Lorsqu’on lui a demandé de s’engager pour trois autres années, Andrew l’a fait seulement à la condition que les FAC lui offrent davantage de formation et un déploiement en Afghanistan. Il était déterminé à poser un geste concret et à pratiquer son métier à la suite de sa formation. Il était le plus jeune et le seul soldat pendant son cours de niveau de qualification 5 et s’est fait beaucoup taquiné à ce sujet, mais cela ne l’affectait pas. Selon ses amis, il étudiait fort, s’amusait intensément et riait beaucoup. Il était ami avec tout le monde et les histoires que les gens racontent sur lui aujourd’hui déchaînent le rire.

Andrew était « bien dans sa peau ». Il aimait qui il était. Il n’avait pas besoin de prétendre être quelqu’un d’autre et il savait bien qu’il ne pouvait tout faire. Andrew était qui il était. Sa grande confiance en soi a étonné un de ses sergents. Son commandant le décrivait comme un jeune homme déluré au grand sourire qui prodiguerait d’excellents soins médicaux à ses patients, qui connaissait son métier et qui deviendrait un homme exceptionnel dans le cadre de son mandat envers notre pays. Son verre était toujours plus à moitié plein qu’à moitié vide, même pendant les moments les plus difficiles en Afghanistan.

En février 2006, Boomer s’envolait pour l’Afghanistan pour une période de sept mois. Le 10 août, son affectation devait prendre fin. Boomer venait tout juste de revenir au terrain d’aviation de Kandahar le 9 août après un long service à l’extérieur de la base en compagnie de membres du Patricia’s. Croyant avoir congé, il a emballé ses effets pour repartir à la maison et a remis son équipement. Le 11 août, toutefois, on manquait de techniciens médicaux et Andrew s’est porté volontaire pour faire un autre quart de travail. Le Sgt Mark Simons ne voulait pas le renvoyer sur le champ de bataille, mais lui a finalement attribué la tâche avec gratitude, lui promettant que ce serait sa toute dernière mission et reconnaissant qu’il avait amplement apporté sa contribution. Le sourire de Boomer était le plus radieux de tous ceux que le sergent avait vus sur son visage jusqu’à présent; il s’en souviendrait toute sa vie. Boomer aurait un repos bien mérité après cette dernière mission. De retour au camp la journée même, le 11 août 2006, Boomer a été tué par l’auteur d’un attentat-suicide à la bombe. C’était sa dernière mission. Son sergent n’aurait jamais cru que les paroles de Boomer auraient été prophétiques. Boomer avait pour mission de sauver des vies, et c’est ce qu’il a fait.

Boomer a touché la vie et le cœur des gens grâce à sa foi chrétienne inébranlable, sa détermination et sa bonté, et il a vécu sa vie à plein, nous donnant un exemple de ce que nous devrions être et de ce à quoi nous aspirons à devenir en tant qu’être humain.

Le caporal Andrew James Eykelenboom, « Boomer », a contribué à bâtir un monde meilleur.

Haut